DECLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE DU 19 NOVEMBRE 2020

Sans mésestimer la gravité de la situation sanitaire et l’urgence à y faire face, la Commission exécutive s’alarme des conséquences sociales que subissent de très nombreux salariés sous diverses formes et, dans ce contexte, de l’obstination du gouvernement concernant notamment la réforme de l’assurance chômage comme des retraites. Elle affirme la détermination de FO à en obtenir l’abandon, ainsi que celles en cours dans la Fonction publique.


La Commission exécutive dénonce dans le même temps la propension du gouvernement à recourir à des mesures d’exception, notamment avec la prorogation de l’état d’urgence sanitaire qui donne tout pouvoir au gouvernement pour restreindre de façon stricte la circulation, les réunions de tous ordres.

La limitation des libertés individuelles et collectives conduit de fait à entraver sérieusement l’action syndicale, pourtant essentielle tant pour la santé des travailleurs que l’emploi et le pouvoir d’achat.


FO conteste plus particulièrement les dispositions autorisant le gouvernement à prendre par
ordonnances toute mesure permettant de rétablir la possibilité de déroger, de façon unilatérale de la part des employeurs, en matière de jours de repos, de durée du travail, de repos hebdomadaire, de travail dominical.


Alors que le débat au parlement de la proposition de loi « relative à la sécurité globale » vient de débuter, FO condamne cette proposition. FO réaffirme la nécessité de protéger la population, dont les agents publics en relation avec l’exercice de leurs missions, des menaces, harcèlements et violences notamment via la vindicte sur les réseaux sociaux. Elle ne peut en aucun cas s’affranchir du principe de proportionnalité et du respect scrupuleux des droits fondamentaux, des garanties démocratiques et de l’État de droit.

Le gouvernement doit répondre immédiatement aux cinq confédérations syndicales sur les points de leur lettre adressée au Premier ministre et au Président de la République :

interdire les licenciements dans tous les secteurs bénéficiant d’aide publique et, pour FO, contrôler
strictement toute procédure de suppression d’emploi quant à son motif en rétablissant une
autorisation administrative ;engager un processus de revalorisation des emplois dits de la « deuxième ligne » ;annoncer le retour définitif aux dispositions de la convention 2017 de l’assurance chômage en abandonnant la réforme imposée en 2019 ; annoncer le retrait du projet de réforme des retraites ; rétablir les moyens de représentation collective des salariés en revenant sur les ordonnances
travail, et notamment les CHSCT.

FO met en garde : les salariés subissent depuis huit mois les conséquences de cette situation et cela doit cesser, pour leurs emplois et salaires dans les tous les secteurs d’activité, grandes, petites et très petites entreprises.
Pour FO le pouvoir d’achat des salaires, pensions et minimas sociaux demeure une préoccupation et une revendication légitime.
La Commission exécutive apporte dans ce contexte son soutien aux syndicats, militants et délégués FO mobilisés à tous les niveaux pour la défense des droits des salariés et des libertés individuelles et collectives.


Déclaration adoptée à l’unanimité de la Commission exécutive confédérale

//////////////////////////////////////////////////////////////////////

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Proposition de loi relative à la sécurité globale – réaction FO

A plusieurs reprises la confédération FO a exprimé son inquiétude quant aux risques de fragilisation des garanties démocratiques au regard de dispositions d’exception prises en réaction au risque terroriste et aujourd’hui sanitaire, a fortiori quand celles-ci deviennent pérennes.

La nécessité de protéger la population inclut la protection de tout agent public en relation avec l’exercice de ses missions, y compris, des agents en charge de la sécurité et de la police, dont c’est la mission. Elle implique celle de protéger tout un chacun des menaces, harcèlement, et violences notamment via la vindicte sur les réseaux sociaux.

Cette protection doit être pleinement exercée par les pouvoirs publics conformément au principe de proportionnalité et s’inscrire dans le respect scrupuleux des droits fondamentaux, des garanties démocratiques et de l’État de droit.

Dans ce contexte, FO ne peut que faire part à nouveau de son inquiétude quant au processus en cours concernant la « proposition de loi relative à la sécurité globale ».

Elle souligne à cet égard les considérants avancés par la CNCDH, dont FO est partie prenante.

FO est attentive à ce qu’en aucun cas il ne soit porté atteinte à la liberté de la presse.

FO alerte aussi sur les risques de transfert de compétences régaliennes aux policiers municipaux et agents de sécurité privée, ou encore sur l’utilisation de drones qui pourrait conduire à la surveillance de la population et à la mise en cause de la liberté d’aller et venir ou de manifestation. Que, sur un tel sujet, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi et utilise une procédure accélérée à l’Assemblée nationale, au risque de priver le parlement et la société d’un débat sur l’impact des mesures qu’elle contient, que ni la CNCDH, ni la CNIL ne soient consultées au préalable, ne peuvent qu’interroger, susciter des craintes et réserves à tout le moins.

—————————————————————————————————–

Communication Fédérale

8 films sur les dispositif conventionnel de la métallurgie

Cliquez sur l’image

Bon visionnage

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Etat d’urgence : réaction FO

Attentive au suivi des mesures prises en matière économique et sociale en réponse aux conséquences de la crise sanitaire, à laquelle la réunion de ce jour, entre le gouvernement et les confédérations syndicales et organisations patronales, est consacrée, FO exprimera cependant sa protestation contre la décision du gouvernement de rétablir un état d’urgence selon les modalités contenues dans le projet de loi en cours d’examen au parlement.

Sans mésestimer la gravité de la situation sanitaire et l’urgence à y faire face, FO s’inquiète que le recours à l’état d’urgence devienne récurrent.

FO est préoccupée à ce sujet que la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) ne soit pas systématiquement saisie à priori.

FO conteste plus particulièrement que la prorogation de l’État d’urgence sanitaire, jusqu’au 16 février 2021, reprenne les dispositions autorisant le gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure permettant de rétablir la possibilité de déroger, de façon unilatérale de la part des employeurs, en matière de jours de repos, de durée du travail, de repos hebdomadaire, de travail dominical.

FO rappelle qu’elle s’était déjà exprimée contre ces mesures figurant dans la loi du 23 mars dernier et dont on ne voit pas en quoi elles répondent à des impératifs sanitaires !

FO conteste en outre, comme elle l’avait déjà fait, que ces dispositions prévoient de s’affranchir de toute consultation obligatoire prévue légalement ou réglementairement, autrement dit en s’exonérant du respect de l’article L1 du code du travail.

FO rappelle que les cinq confédérations appelaient, dans la lettre conjointe adressée au Premier ministre, à ce que le dialogue social se traduise par une écoute et une réponse effective de la part des pouvoirs publics et le respect de l’autonomie de la négociation collective alors que les dispositions sanitaires accrues, destinées à limiter la propagation du virus, se traduisent par des restrictions importantes, notamment en matière syndicale, en ce qu’elles limitent de fait l’exercice régulier du droit de réunion et de manifestation.

FO attend que le gouvernement réponde aux différents points figurant dans la lettre des cinq confédérations.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Dans le monde d’après

Dans le monde d’après, le dialogue social, la concertation et la solidarité devront être la norme dans toutes les entreprises pour que l’intérêt général prime sur les petits intérêts particuliers.

Dans le monde d’après, une révolution fiscale à l’échelle internationale devra mette fin à la sempiternelle course aux délocalisations pour empêcher certaines entreprises de quitter un pays dès qu’elles doivent payer décemment leurs salariés.

Dans le monde d’après, les grands groupes industriels devront accepter de payer un juste tribut à la solidarité nationale pour aider les sous-traitants.

Dans le monde d’après, les entreprises françaises devront comprendre qu’elles peuvent mettre leur savoir-faire au service d’une industrie propre tout en demeurant compétitives.

Dans le monde d’après, les organisations patronales ne devront plus chercher à imposer de faire travailler d’avantages les Françaises et Français mais accepter de miser sur la formation et les créations d’emplois pour relancer l’économie.

Dans le monde d’après, les dirigeants d’entreprises de la métallurgie devront prendre conscience que le bien-être au travail est le meilleur atout pour optimiser leurs résultats économiques.

Dans le monde d’après, les pouvoirs publics devront mettre en œuvre cette « indépendance industrielle de la France » que le chef de l’État avait appelé de ses vœux durant le confinement.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Allocution du président de la République et Conseil des ministres : réaction FO

La confédération FO retient de l’intervention du président de la République que pour l’heure, la consigne au confinement le plus strict demeure et cela jusqu’au 11 mai.

Les quelques signes de ralentissement de la progression de l’épidémie demandent la plus grande prudence, avait d’ailleurs souligné le Premier ministre lors de la réunion en téléconférence vendredi 10 mars.

La référence aux secteurs qui « doivent pouvoir produire et l’ont largement fait depuis un mois » doit être interprétée, selon FO, comme la nécessité de se concentrer sur les activités essentielles.

Cela va, a contrario des pressions, à une reprise aussi vite que possible des activités non indispensables et au « travailler plus ». Or, dans ses échanges permanents avec ses syndicats dans les départements et divers secteurs d’activité, FO constate que cette pression se fait plus prégnante tant de la part d’employeurs que des pouvoirs publics.

En effet, en l’absence de traitement et de vaccins, et tant que demeure présente l’épidémie, privilégier la santé de la population exige d’abord de s’assurer de la mise en œuvre des moyens de protection suffisants et d’organisations du travail assurant le respect strict des gestes barrières.

Cela pose, à nouveau la question des masques, gants, blouses, procédés de désinfection réguliers, des tests et de leurs usages, qui, n’étant pas résolue aujourd’hui, sera plus grande encore le moment venu d’une reprise. FO estime qu’une reprise ne pourra être que progressive et répondant à des impératifs qui ne peuvent plus être ceux des profits à tout prix, et surtout pas au risque de la santé.

Ces conditions sont posées spécifiquement dans un environnement, lui-même particulier et complexe, qui est celui de l’école où la santé, tant des enfants, des parents que des personnels enseignants et non enseignants, doit être la priorité.

FO a aussi soulevé, encore ce mardi, lors d’une réunion avec la ministre du Travail, les questions que poseront les moyens de transports en commun et de restauration collective.

FO estime en conséquence que l’objectif que « le 11 mai, il s’agira de permettre au plus grand nombre de retourner travailler » soulève beaucoup de questions, aujourd’hui sans réponses concrètes. Avec l’ensemble des fédérations, unions départementales et syndicats, FO sera particulièrement vigilante, comme elle l’est depuis le début de la crise sanitaire, pour que la priorité à la santé l’emporte systématiquement.
Encore une fois, FO tient à balayer le cliché de salariés se complaisant dans le confinement et l’activité partielle, ou celui de l’irresponsabilité vis-à-vis des conséquences économiques qui seront autant de conséquences pour l’emploi. Nombre des salariés en activité partielle, en dessous du salaire médian mensuel (1750 € net), ont vu leur paie amputée de 15 à 20% et par conséquent sont confrontés à des fins de mois difficiles, inquiets pour leur emploi demain, et plus encore pour leur santé. Nombre de salariés sont en télétravail dans des conditions non préparées, et beaucoup dans un environnement demandant d’associer travail à distance et aide à l’éducation des enfants. Nombre d’intérimaires, CDD non renouvelés, demandeurs d’emploi sont sans perspective immédiate.

Quant aux décisions du Conseil des ministres, FO note avec satisfaction les dispositions concernant la prolongation et l’élargissement de l’activité partielle, l’augmentation de la garantie de l’Etat sur le financement de l’Unedic, en cohérence avec le prolongement du confinement. FO prend acte de l’aide exceptionnelle, en faveur d’une aide « pour les plus fragiles et démunis », allocataires RSA et ASS et bénéficiaires APL qui ont des enfants, cependant trop modeste.

Le décret actant le report de la dégressivité de l’allocation chômage et la noninclusion de la période de confinement dans le calcul des droits est également le résultat des interventions des syndicats. Mais ces mesures ignorent ceux qui étaient en fin de droits avant la fin du mois de mars, recalés par la réforme de novembre faute d’avoir travaillé six mois pour prétendre à une indemnisation.

Cela démontre, s’il en était encore besoin, la nécessité de l’abandon de la réforme de l’assurance chômage décrétée par le gouvernement et le retour aux dispositions de la convention négociée en 2017.

FO souligne que les dispositions visant à raccourcir tous les délais de procédure indispensables à l’entrée en vigueur des accords collectifs peuvent sembler utiles dans le contexte actuel. Mais le champ des accords visés par cette dérogation est très large et peut représenter un risque dans la mesure où un grand nombre de thèmes pourraient en faire l’objet. Qui plus est, en cas d’accord minoritaire, si un referendum est organisé, nos syndicats auront peu de temps pour alerter les salariés concernés sur les impacts de l’accord

Dans la Fonction publique, FO ne peut que déplorer et contester l’annonce des décisions relatives à l’imposition de jours de congés et de repos compensateurs sans même une concertation avec les organisations syndicales, contrairement à ce qui est exigé dans le secteur privé où une négociation et un accord sont requis. FO ne peut que déplorer une telle attitude du gouvernement quand le président semblait reconnaître lundi dernier l’engagement des fonctionnaires.

FO attend enfin que se concrétisent effectivement les propos du président de la République concernant le système de santé, l’hôpital en particulier, la reconnaissance et l’inversion des valeurs des métiers très souvent en bas de l’échelle et particulièrement mobilisés aujourd’hui.

Paris, le 15 avril 2020

Yves Veyrier (FO) : « Un système de protection sociale n’est pas un coût, c’est une richesse »
Quelles seront les conséquences sociales de la crise du coronavirus ? Entretien avec Yves Veyrier, secrétaire général du syndicat Force ouvrière (FO).
Par Baptiste Legrand Publié le 11 avril 2020 à 10h00

La crise sanitaire est aussi une crise économique et sociale. L’épidémie de coronavirus a plongé la France en récession et nul ne sait comment l’activité repartira. Quelles seront les conséquences pour les travailleurs ? « L’Obs » a interrogé les principaux responsables syndicaux. Entretien avec Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière (FO).
Lorsque la catastrophe sanitaire due à la pandémie de Covid-19 sera enfin derrière nous, il faudra encore faire face à ses conséquences économiques et sociales… Comment anticipez-vous ce moment ?
La crise aura d’abord révélé que nos sociétés modernes ne sont pas à l’abri et qu’il nous faut revoir la façon dont on considère nos politiques de santé, en les considérant non pas à travers un prisme économique, mais humanitaire. Il faut soigner « quoi qu’il en coûte », c’est certain, mais en permanence, et non pas seulement le temps d’une crise. Cela implique de revenir sur les choix politiques de ces trente dernières années obsédées par le coût budgétaire de la santé et la transformant en bien de consommation. La santé, c’est un bien public, ce n’est pas un marché. On le constate aussi dans les Ehpad, où il existe beaucoup de structures privées, profitables, mais dont la qualité est inégale.
Et au-delà du secteur de la santé ?
Nous voyons bien qu’il est impossible de faire face à la crise sanitaire sans mobiliser l’ensemble des services publics. Les travailleurs des régimes spéciaux ont été trop souvent stigmatisés, mais heureusement qu’ils sont là pour garantir l’approvisionnement énergétique, à commencer pour les hôpitaux !
On s’aperçoit aussi de l’importance des femmes de ménages, des gardes d’enfants, de personnes âgées ou handicapées, tous ces services à la personne… Sans eux, sans cette aide, payée au smic et à temps partiel, les jeunes cadres dynamiques ne peuvent pas exercer leurs professions aux rémunérations bien plus élevées. Ce sont des métiers indispensables – et nous le disions bien avant la crise sanitaire – qui ont plus d’importance, par exemple, qu’un trader sur les marchés financiers.

Ces métiers doivent être reconsidérés, ce qui suppose d’investir en termes de formation et de qualification, au niveau des exigences qu’ils requièrent, et les rémunérer à la hauteur. Il y a aussi tous les métiers de services sous-traités (nettoyage, sécurité), les transports et la manutention, les caissières…
Cela suppose d’accepter un coût supplémentaire ? Un particulier doit mieux rémunérer sa femme de ménage ?
Ce n’est pas un coût dès lors que cela passe par une révision de notre modèle économique. Car on fait face à la crise sanitaire aujourd’hui… mais il y a aussi une crise environnementale et climatique ! Il faut revoir notre modèle en faisant en sorte que la justice sociale en soit l’objectif principal.
Faut-il revoir notre modèle économique ?
Je pense bien sûr à la relocalisation de la production, mais ce n’est pas le seul enjeu. Il faut faire en sorte que l’organisation de l’économie mondiale ne s’appuie pas sur la recherche du moindre coût du travail. Cela passe par des normes. C’est après une autre grande crise, la Première Guerre mondiale, que nous avons créé l’OIT (Organisation internationale du Travail). Et c’est ainsi qu’il y a cent ans, a été établie la semaine de 48 heures – j’ai d’ailleurs eu l’occasion de le rappeler à Emmanuel Macron alors que le gouvernement voudrait faire travailler de façon dérogatoire jusqu’à 60 heures par semaine. Nous pensons que le progrès et la justice sociale se gagnent de façon coordonnée au niveau international, ce n’est pas accessoire, et c’est pour cela que FO est engagée depuis toujours aux niveaux européen et international.
Il faut aussi préserver les protections sociales là où elles existent, et d’abord en France. C’est un combat que mènent les syndicats depuis longtemps. En France, on ne sélectionne pas la personne qu’on soigne en fonction de sa carte bancaire ! Un système de protection sociale n’est pas un coût, c’est une richesse.
On peut vous reconnaître une certaine constance dans vos propos… mais jusqu’à présent vous avez été peu entendu !
Ça dépend ! Prenons la question des retraites. On a mobilisé beaucoup de monde. On a fini par convaincre les Français qu’il faut cesser de faire des réformes dont le seul but serait de réaliser des économies sur le dos des gens. J’espère que le gouvernement va abandonner son projet de retraite universelle par points, tout comme j’espère qu’on va revenir sur la réforme de l’assurance chômage.
Et si la crise sanitaire dure pendant des mois ? S’il faut rester confinés, si les entreprises s’effondrent et que la dette publique explose ? Quel est le scénario de sortie de crise que vous redoutez ?
Le scénario noir, c’est qu’on revienne comme avant, business as usual. Notre rôle d’organisation syndicale, c’est de veiller à ce que cela ne se produise pas. On a été lanceur d’alerte. Même si l’on n’a pas toujours été entendu, on a freiné des évolutions qui nous auraient mis dans des situations encore bien pires. On demeurera intransigeants sur le terrain qui est le nôtre, qui est de représenter les salariés et leurs intérêts. Ça vaut pour la protection sociale, les services publics, les conditions de travail, les rémunérations, la redistribution des richesses produites par l’économie.
C’est pour cela qu’on a prévenu qu’il n’était pas concevable que les grandes sociétés continuent à distribuer des dividendes. On a été insuffisamment entendus. C’est aussi pour cela que nous appelons à une réforme fiscale pour une plus grande progressivité de l’impôt pour mieux redistribuer les richesses. Nous militons aussi pour limiter la spéculation boursière et rediriger les richesses vers l’économie réelle via la taxation des transactions financières.
J’espère qu’on y parviendra. On a créé l’OIT après la Première Guerre mondiale. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on a bâti la Sécurité sociale. J’espère qu’au lendemain de cette crise, on reviendra à d’autres considérations que les seules considérations économiques et financières. Il n’y a pas de raison d’arrêter le progrès social.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire