Suppression du Forfait Social : Haro sur les financements de la Sécurité social

Communiqué de Force Ouvrière du 26 octobre 2018

 

Suppression du Forfait Social : Haro sur les financements de la Sécurité sociale

 

Initialement prévu dans le projet de loi PACTE, un amendement vient d’être déposé par le gouvernement dans le cadre du PLFSS 2019 pour accélérer la mise en œuvre de la suppression du forfait social sur la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés et de l’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés.

Après le projet de pérennisation du CICE en exonération de cotisations sociales, après l’annonce du développement des politiques de non-compensation des exonérations sociales, le gouvernement s’en prend une fois de plus aux ressources de notre système de Sécurité sociale en proposant la suppression du forfait social : C’est officiel l’État vide les caisses de la sécu ! Cette mesure est une incitation directe pour les employeurs à privilégier l’intéressement et la participation au détriment du salaire et va coûter un demi-milliard d’euros.

En s’attaquant aux salaires différés des travailleurs, c’est le fondement même de tout notre système de Sécurité Sociale qui est mis à mal. Pour Force Ouvrière, chaque euro exonéré et non compensé représente un recul des droits collectifs et individuels arrachés de longue lutte par les travailleurs. La fiscalisation accélérée du financement de la Sécurité sociale remet en cause la garantie d’acquisition des droits pour les travailleurs et les place dans une situation de dépendance, au bon vouloir des politiques gouvernementales.

Pour Force Ouvrière il est urgent de remettre au cœur de notre projet de société l’idée novatrice des ordonnances de 1945. La Sécurité sociale ne doit pas se transformer en un système d’assistance social uniquement pour les plus démunis et contraignant tout un pan de la population à recourir aux assurances privées, bien plus coûteuses. Elle doit redevenir une organisation fondée sur la solidarité des travailleurs à travers le salaire différé. Elle doit garantir tous les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent.

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »

 

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PLFSS les complémentaires régalent !

L’examen du PLFSS débute par une prise de position de son rapporteur au sujet du « reste à charge zéro »

M.VERAN vient de déclarer que ce « 100% santé » devait être mis en place sans délai supplémentaire, et sans augmentation de cotisations des complémentaires.
Première démagogie : le « 100% santé » ne concerne que trois postes de dépenses (optique, dentaire, audio) certes ce sont des dépenses importantes, mais ce ne sont pas les postes les plus élevés en matière de dépenses.

Deuxième démagogie : laisser penser que les organismes complémentaires, quel que soit leur statut, ont une « cagnotte » qui permet d’absorber des décisions, qui, au passage sont prises par un tiers !

L’État décide, les complémentaires paient !

Pour les trois familles d’assureurs, les règles de gestion obligent à la création de provisions, au respect de ration de solvabilité.

Pour les paritaires comme pour les mutualistes, la seule façon de respecter ces règles est d’intégrer dans leurs tarifs les dépenses supplémentaires, il leur est très difficile, voire impossible, de faire appel à des capitaux extérieurs.

Ainsi, pour respecter la législation et assurer leur pérennité, ces organismes répercuteront, peu ou prou, ces dépenses supplémentaires.

Il suffit de reprendre les études publiées par de grands cabinet de courtage pour s’en convaincre.

FO dénonce ce qui n’est finalement qu’un énième glissement de la dépense publique de Sécurité sociale vers le privé, comme les gouvernements précédents le faisaient aussi.
Le vieux monde aurait-il du bon pour les finances publiques ?

Paris, le 23 octobre 2018
Philippe PIHET Secrétaire confédéral, Secteur Retraites, Prévoyance sociale, UCR ppihet@force-ouvriere.fr

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États dépressifs en France : La santé au travail également en cause

États dépressifs en France : La santé au travail également en cause

 

L’agence sanitaire Santé Publique France, avec son Baromètre santé 2017, révèle un état de santé psychique délétère en France, et en dégradation. Si elle considère que la prévention et la prise en charge des états dépressifs doit s’imposer comme des priorités de santé publique, elle rappelle pourtant que les troubles dépressifs sont responsables de 35 à 45% des arrêts de travail.

Pour Force Ouvrière, cela illustre avec grande acuité les conséquences de la dégradation des conditions de travail, de sa précarisation et du manque de moyens humains et financiers alloués à la prévention. Des négociations sur la santé au travail vont s’ouvrir, il ne pourra être question d’ignorer les conséquences de la détérioration de la qualité du travail sur les états dépressifs des travailleurs. En conséquence, ces négociations ne peuvent cantonner les risques psycho-sociaux à une seule problématique de santé publique. La question de la qualité du travail est primordiale pour pouvoir améliorer la santé globale des travailleurs.

Pour Force Ouvrière, il faut cesser la stigmatisation des statuts des travailleurs, allant de pair avec l’accélération de la destruction des droits collectifs. Seul un statut protecteur peut être garant d’un travail de qualité. FO refuse une société du chacun-pour-soi, de l’individualisme à outrance en matière de protection sociale : la santé au travail et les risques professionnels doivent demeurer intégralement une garantie collective organisée par les interlocuteurs sociaux.

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Le 9 Octobre Défendons notre modèle social !

 

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La Cour de cassation donne raison à FO : le CDI intérimaire est illégal

La Cour de cassation donne raison à FO : le CDI intérimaire est illégal

 

Force Ouvrière se félicite de la décision de la Cour de cassation du 12 juillet 2018, par laquelle la juridiction reconnait que les interlocuteurs sociaux de la branche du travail temporaire n’avaient pas compétence pour créer, dans l’accord du 10 juillet 2013, une nouvelle forme de contrat de travail : le CDI intérimaire.

Force Ouvrière avait à l’époque refusé de signer un tel accord rétrograde car estimant, sur la forme, que les interlocuteurs sociaux n’étaient pas habilités à créer une nouvelle catégorie de contrat de travail, et sur le fond, que ce contrat maintenait les intérimaires concernés dans une totale précarité, sans aucune protection inhérente au CDI traditionnel : pas d’indemnité de fin de mission, période d’intermission où le salarié doit se tenir à la disposition de l’agence, obligation d’accepter des missions mêmes moins rémunérées et/ou loin du domicile de l’intérimaire… La loi du 17 août 2015 dite loi « Rebsamen » avait été jusqu’à reprendre le CDI intérimaire à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2018.

C’est pour toutes ces raisons que la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière et la Fédération FO des Employés et Cadres avaient introduit dès le début différentes actions judiciaires afin que soit reconnue inconstitutionnelle cette nouvelle forme de contrat de travail.

La première bataille est donc remportée avec la décision de la Cour de cassation qui tranche en affirmant que la création d’un nouveau contrat de travail relève du domaine de la loi et non d’un accord collectif de la branche étendu… Notre Organisation attend avec impatience la décision du Conseil d’État qui devra se prononcer sur l’annulation ou non de l’arrêté d’extension de cet accord de branche, décision qui pourrait remettre en cause les CDI intérimaires conclus entre l’entrée en vigueur de l’accord en février 2014 et la promulgation de la loi du 17 août 2015. Quelle que soit la décision finale du Conseil d’État, Force Ouvrière ne cessera jamais de revendiquer pour l’ensemble des intérimaires des protections à la hauteur de leurs enjeux et non des demi-mesures les maintenant éternellement dans la précarité.

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